50 ans d’histoire du Congo en un coup d’œil (1960-1975)

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« Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l’Histoire est la leçon la plus importante que l’histoire nous enseigne. » disait Aldous Huxley ( 1894-1963 grand écrivain anglais auteur de « Le meilleur des mondes » en 1948). 

Le 15 août 2010, le Congo Brazzaville célébre le cinquantenaire de son indépendance. A cette occasion le Comité national d’organisation nous relate quelques faits marquants de ces cinquante ans de vie politique, économique et sociale. Ce « bijou » de l’histoire nous est offert  afin de nous permettre de: 

1-    Connaître notre Histoire 

2-    Comprendre le cours de l’Histoire 

3-    Saisir le sens de l’Histoire pour  mieux se projeter dans les 50 années à venir.  

Jean-Jacques Blaise Pambou 

Année 1960  

- 15 août 1960 : proclamation officielle de l’indépendance de la République du Congo
Le ministre français des Affaires culturelles, André Malraux, représente le chef d’État français, le général Charles de Gaulle, à la cérémonie de proclamation de l’indépendance du Congo. La journée commence par un office religieux dans tous les lieux de culte. Le président Fulbert Youlou et le ministre André Malraux prennent part, dès 8h, à la messe célébrée par Mgr Michel Bernard, archevêque du Congo, en
la basilique Sainte-Anne. La cérémonie officielle se déroule au centre-ville de Brazzaville, vers l’ex-Congo-pharmacie.

Tous les officiels congolais sont présents. Deux importantes allocutions sont prononcées. «Cette nuit a retenti la salve solennelle qui salue l’indépendance des peuples et qui retentira dans la mémoire de vos enfants, comme celles qui saluaient jadis la naissance des rois…», déclare André Malraux dans son discours. «Cette indépendance de la République du Congo, mes chers concitoyens, je la proclame solennellement et universellement », proclame le président Fulbert Youlou dans son discours. La cérémonie se poursuit par un défilé militaire de l’armée de la communauté.  Le matin, l’assemblée nationale, sous la direction de son président, Alphonse Massamba-Débat, tient une session extraordinaire. Après avoir entendu lecture du message du général De Gaulle, un discours du président de la République qui situe l’esprit de la ratification des accords de coopération avec la France, enfin le président Massamba-Débat qui définit, avec réalisme, la condition nouvelle du pays, l’assemblée ratifie, par un vote unanime, les accords que viennent de signer, devant elle, d’une part le chef de l’État Fulbert Youlou et d’autre part M. Jean Foyer, représentant du gouvernement français. L’autre cérémonie qui va marquer ce 15 août 1960, c’est l’inauguration du square De Gaulle, devant le lycée Savorgnan De Brazza, à Bacongo: rendez- vous était donné à tout Brazzaville à l’un des ronds-points les plus pittoresques de la ville, au confluent de Bacongo et de la ville administrative, face à l’imposant ensemble du lycée Savorgnan de Brazza.
À 17h30, l’escorte arrive dans la pétarade sympathique des puissantes motos de la gendarmerie. 
Le président de la République, accompagné de M. André Malraux, suivi de la délégation française, de M. Kasavubu, président de la République congolaise d’outre-Pool, salue la foule enthousiaste. Le premier, M. Malraux, raconte le courage extraordinaire du général De Gaulle qui sut tenir tête à la défaite française, alors qu’il n’avait pas, selon l’expression de Churchill lui-même, «une pierre où reposer sa tête». Le président de la République, à son tour, va glorifier l’homme de Brazzaville: «Lorsque, voici vingt ans, le 28 août 1940, le Congo, à l’appel d’une voix lointaine venue de Londres alors en pleine tourmente, décidait de se rallier à la France-Libre, une ferveur unanime a uni tous les habitants de ce pays, Européens et Africains, pour le combat en faveur de la liberté du monde. Alors, Brazzaville, modeste chef-lieu de l’Afrique équatoriale française, voyait peu à peu son nom prendre un lustre nouveau en tant que capitale de la France libre et combattante».  La journée s’est terminée par une grande réception dans les jardins de l’ancien palais du hautcommissaire général, devenu depuis, cette nuit, la résidence du président de la République du Congo… tandis que dans Bacongo comme dans Poto-Poto, la joie, tantôt bruyante des bars-dancings, tantôt paisible des réunions familiales, prolongeait jusque tard dans la nuit la célébration du jour «Un» du Congo indépendant. Signalons que le jour même, le gouvernement congolais envoie un télégramme au secrétariat général des Nations unies, pour son adhésion et la reconnaissance internationale de sa souveraineté. 

- 15 août 1960 : Loi n° 60-44 du 15 août 1960 portant approbation des accords paraphés le 12 juillet 1960 et signés le 15 août 1960 entre le gouvernement de la République Française et la République du Congo ainsi que l’adhésion multilatérale. 

- 1er novembre 1960 : Décret n° 60-308 du 12 novembre 1960 portant publication du code général des impôts de la République du Congo.

- 31 décembre 1960 : adoption du budget du Congo 

Année 1961 

Exercice 1961: Le budget du Congo, exercice 1961, s’élève, en recettes et en dépenses, à cinq milliards deux cent quatre-vingts millions de francs Cfa, soit une augmentation par rapport à 1960, de sept cent vingtsix millions. L’une des innovations de ce budget voté le 31 décembre 1960, est la suppression de l’impôt numérique qui a été remplacé par une augmentation de la taxe sur les vins et les alcools (8 f par litre) avec une majoration de la patente d’importateur, une augmentation des impôts indirects des taxes sur l’essence, le gas-oil et le pétrole et une majoration de l’impôt sur le chiffre d’affaires.  

- 16 janvier 1961 : décès de Jean-Félix Tchicaya
Le premier parlementaire congolais, malade pendant de longs mois, Jean-Félix Tchicaya, est décédé, à Pointe-Noire, lundi 16 janvier 1961. Premier député du Moyen-Congo, élu, pour la première fois, en 1945, puis constamment réélu jusqu’à la fin de la présence des députés d’Outre Mer à l’Assemblée nationale française. Il a droit à des funérailles nationales en présence du président de la République et de tout le gouvernement, à Pointe-Noire.

Février 1961 : Création d’une banque de développement
L’Assemblée nationale adopte le projet de loi créant la B.n.d.c (Banque nationale de développement du Congo). Cette banque dispose d’un capital de quatre cent vingt millions de francs Cfa détenu, pour moitié par l’État congolais. La banque a pour objet d’apporter son concours financier ou technique pour la réalisation de tous projets de nature à promouvoir le développement économique et social de la République du Congo. 

- 4 mars 1961 : Édition spéciale du Journal Officiel  1.Loi n° 22-61 du 2 mars 1961 portant adoption de la Constitution de la République du Congo ; 2.Décret n° 61-58 du 3 mars 1961 fixant les conditions de participation au scrutin pour l’élection du président de la République ; 3.Décret n° 61-59 fixant la date de l’élection du président de la République et convoquant le corps électoral.- 26 mars 1961: Élection de l’abbé Fulbert Youlou au suffrage universel direct
Candidat unique, le président Fulbert Youlou est élu au suffrage universel direct. Selon lui, le scrutin qui vient de se dérouler «approuve, de manière éclatante, la politique de fraternité et de cohésion patriotique qu’il meut. À cette politique, poursuit-il, se sont magnifiquement associés tous les leaders politiques influents sur le plan national ou chefs traditionnels; notables tous ont oeuvré pour son succès». 

- 1er mai 1961 : Décret n° 61-20 du 28 avril 1961 réglementant l’admission des étrangers dans la République du Congo. 

- 15 juin 1961 : Décret n° 61-120 du 5 juin 1961 portant nomination du vice-président de la République. 

- 7 juin 1961: Premier voyage du président Fulbert Youlou aux États-Unis d’Amérique
Après son élection, le président Fulbert Youlou effectue sa première visite aux États-Unis d’Amérique où il s’entretient avec le président John Kennedy. Ce voyage s’inscrit dans le cadre d’un programme de diversification des partenaires internationaux du Congo. La préoccupation du chef de l’État congolais est d’obtenir une aide substantielle de l’Amérique, pour la réalisation du projet qui lui est cher: le barrage de Kouilou. Il s’effectue en passant par Paris. 

- 20 Juin 1961 :  - Loi n° 35-61 du 20 juin 1961 portant code de la nationalité congolaise;
- Loi n° 33-61 du 20 juin 1961 relative à l’élection des députés à l’Assemblée nationale.
- Loi n°32-61 du 20 juin 1961 portant code des investissements complétant le code général des impôts et modifiant le code de l’enregistrement du timbre et de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières.
- Loi n° 40-61 du 20 juin 1961 portant création et organisation de l’ « Agence congolaise d’information».
- Loi n° 42-61 du 20 juin 1961 portant statut de  la magistrature.
- Loi n° 34-61 du 20 juin 1961 fixant le régime forestier. 

- 1er août 1961: Loi n° 33-61 du 20 juin 1961 sur les attroupements; 

- 1er octobre 1961: Loi n° 44-61 du 28 septembre 1961 fixant les principes généraux d’organisation de l’enseignement. 

Barrage du Kouilou
S’il est un projet du pays qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, en 1961, c’est bien celui du barrage du Kouilou. Le président Fulbert Youlou en a fait son affaire. Selon lui, «l’avenir du Congo est dans ce barrage qui conditionne et détermine, à lui seul, notre évolution». Il est convaincu que cet ouvrage est capable de booster le Congo au rang de puissance économique. Le site Sounda est découvert, en 1887, par un français, l’ingénieur hydrographe Jacob. Son étude prévoit l’établissement d’un barrage devant permettre la navigabilité du fleuve Kouilou. 

Année 1962

- Février 1962 : naissance de la marine nationale
Dans le cadre de la constitution de la marine nationale, le vice-président Jacques Opangault, garde des sceaux, ministre de la Justice, a reçu en audience le contre-amiral français Vedel, commandant la zone maritime de l’Atlantique Sud, assisté du commandant Pinasseau, chef de cabinet militaire à la présidence de la République, du lieutenant colonel Donard, attaché militaire à l’ambassade de France, de M. Mabiala, directeur de cabinet du ministre de la Défense nationale et du capitaine de corvette Charand, de la marine française à Pointe-Noire. Au cours de cette audience, ils ont traité des possibilités de l’installation de la marine congolaise et sont tombés d’accord sur les points suivants: l’embryon de la marine nationale congolaise comporterait, en première urgence, une flottille fluviale et des vedettes rapides, pour la surveillance des côtes. 
 

- Février 1962 : inauguration de la maison commune de Ouenzé
Dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du jumelage des villes de Reims et Brazzaville, le président de la République et maire de Brazzaville, l’abbé Fulbert Youlou, a procédé à l’inauguration de la maison commune de Ouenzé. Plusieurs invités et personnalités ont rehaussé l’éclat de cette cérémonie. Parmi lesquelles, MM. Senso et Raullet, respectivement maire-délégué de Brazzaville et de Reims, ainsi que M. Bikoumou, ambassadeur du Congo à Paris.

- 11 février 1962 : sacre du premier évêque congolais, Mgr Théophile Mbemba
La cérémonie s’est déroulée sur la pelouse du stade Félix Eboué, à Brazzaville, en présence du chef de l’État, l’abbé Fulbert Youlou, des membres du gouvernement, des députés, des corps diplomatiques accrédités au Congo et d’une foule immense estimée vingt mille personnes. Le sacre fut fait par Mgr Michel Bernard, archevêque de Brazzaville, assisté de NN. SS. Mongo, évêque de Douala, et Nzila, évêque auxiliaire de Matadi (dans l’actuelle république démocratique du Congo). Après la réception des ornements épiscopaux, le geste d’anéantissement et d’amour et la présentation aux peuples de Dieu, Mgr Théophile Mbemba prend brièvement la parole: «C’est, pour vous, mes frères, que je viens de recevoir la plénitude du sacerdoce». 

- 1er mars 1962 : loi n° 15-62 portant statut général des fonctionnaires 

- 20 avril 1962 : nomination du premier président de la Cour suprême
Réunis à la présidence de la République, sous la présidence du chef de l’État, l’abbé Fulbert Youlou, les membres du Conseil supérieur de la magistrature ont procédé à la nomination de Joseph Pouabou, en qualité du président de la Cour suprême.
Cette nomination, qui a conditionné celle des autres membres à la Cour suprême, a permis l’installation rapide de cette haute juridiction qui va connaître de nombreux pourvois, tant en matière administrative que judiciaire. Rappelons que la Cour suprême a été créée par la loi n°62 du 20 janvier 1962. 

- Ordonnance n° 62-3 du 21 juillet 1962 portant modification et addition à la réglementation sur les associations. 

- Décret n° 62-207 du 21 juillet 1962 portant dissolution d’association et partis politiques. 

- 30 juillet 1962 : visite du président d’Israël au Congo
Le président de l’État d’Israël, Ben Zvi, accompagné de son épouse, a effectué, du 30 juillet au 3 août 1962, une visite officielle de travail au Congo, sur invitation du président abbé Fulbert Youlou. À l’issue de cette visite, trois documents ont été signés entre les deux États: une déclaration commune, un traité d’amitié et l’aide d’Israël au plan de développement du Congo. 

- 20 novembre 1962 : démission de Jacques Opangault
Jacques Opangault démissionne de son poste de ministre des Travaux publics qu’il avait accepté après son départ de la vice-présidence de la République, en avril 1962. Il adresse une lettre de démission au président de la République et ce dernier lui répond. L’échange épistolaire est très courtois. 

- 28 novembre 1962 : célébration du quatrième anniversaire de la proclamation de la République du Congo
Le quatrième anniversaire de la proclamation de la République du Congo s’est déroulé avec moins de faste. Après les cérémonies traditionnelles, un bal a eu lieu au palais présidentiel. Des émissions expérimentales de télévision ont couvert le quatrième anniversaire. Une messe est célébrée à l’occasion de cet anniversaire, en l’église Sainte-Anne du Congo, par l’abbé Louis Badila. 

Année 1963 

- 27 janvier 1963 : Visite officielle du président Fulbert Youlou à Léopoldville
Le président Youlou effectue une visite officielle au Congo-Léopoldville. Il est le premier chef d’État étranger à se rendre en visite dans ce pays. Ce voyage met fin à une «querelle de frères». 
 

- 6 mars 1963 : Saisie du n°549 de La Semaine Africaine
Par
un arrêté, en date du 6 mars 1963, le président de la République du Congo, ministre de l’Intérieur, a ordonné la saisie du numéro 549 de La Semaine Africaine. Le commentaire sur la conférence du président de la République aux élites africaines était inadmissible.

- Samedi 13 avril 1963 : l’Assemblée nationale adopte le parti unique Longtemps en gestation, le parti unique est né au Congo, samedi 13 avril. Pour le président de l’Assemblée nationale, Marcel Ibalico, «l’élément important pour la formation d’une nation est le vouloir vivre collectif». 

- Samedi 13 avril 1963 : création d’un régime de pension pour les anciens parlementaires et anciens membres du gouvernement 

- 28 avril 1963 : Le président Kasavubu à Brazzaville
Après la visite du président Youlou au Congo-Léopoldville, son homologue, le président Joseph Kasavubu, est arrivé à Brazzaville le 28 avril 1963. 

- 3-7 juin 1963 : Sekou Touré à Brazzaville
Le président Sekou Touré, chef de l’État de Guinée, a séjourné au Congo-Brazzaville, du 3 au 7 juin 1963. Sa visite a, presque, coïncidé avec la mort du pape Jean XXIII. Le président guinéen a conféré avec les membres de la colonie de l’Afrique occidentale, à Brazzaville, et les cadres congolais. Il n’a pas eu des mots tendres envers les dirigeants congolais. 

- 22 juillet 1963 : les syndicats et le parti unique
Le comité national de fusion des centrales ouvrières approuve la création du parti unique du peuple congolais. Il décide la création d’un comité d’entente se révélant être la section des travailleurs pour le parti unique.
 

- 24 juillet 1963 : présentation de l’avant-projet de développement
Le ministre du Plan, Victor Sathoud, a présenté l’avant-projet du plan quinquennal qui se propose de préparer l’indépendance économique du pays, grâce à la coopération loyale des initiatives privées et publiques et à la mobilisation de toutes les énergies. 

- 12 août 1963 : création des armoiries de la République du Congo par décret n° 63- 262 du 12 août 1963.  

- 13 août 1963 : Institution du couvre-feu sur toute l’étendue des préfectures du Djoué, du Kouilou et du Niari par décret n°63-267 du 13 août 1963 et institution de l’état du siège sur toute l’étendue des préfectures du Kouilou et du Niari, par décret n°63-268 du 13 août 1963. 

- 13 août 1963 : grève générale
Le comité national de fusion des organisations ouvrières déclenche une grève générale décidée le 7 août, pour protester contre le décret 63/244 du 6 août 1963, portant interdiction provisoire des réunions publiques. La grève est largement suivie par les travailleurs. 

- 15 août 1963 : démission du président Fulbert Youlou
À 13h 05, le président Fulbert Youlou signe, dans son palais à Brazzaville, son acte de démission, sous la pression des manifestants et des syndicalistes ayant déclenché une grève générale depuis le 13 août. La démission est remise au colonel David Mountsaka, chef d’état-major général des Forces armées congolaises.
Le lendemain, l’armée fait appel à l’ancien président de l’Assemblée nationale, Alphonse Massamba-Débat, qui s’était retiré dans son village, à Boko, à la suite de sa démission du gouvernement où il occupait le portefeuille du Plan. 
 

- 16 août 1963 : formation d’un cabinet restreint de huit membres dirigé par Alphonse Massamba-Débat en qualité de Premier ministre. 

- 8 décembre 1963 : référendum et élections législatives
Par décret 63/311, le gouvernement congolais fixe au 8 décembre 1963, le déroulement du référendum au Congo.
La nouvelle Constitution a été adoptée à 84,95% des votants. Le même jour, les électeurs congolais ont également élu les nouveaux députés. La liste présentée par le Conseil national de la révolution a obtenu 89,43% des votants. 

- 19 décembre 1963 : Massamba-Débat, président
Jeudi 19 décembre 1963, dans la salle de conférence de l’hôtel de ville de Brazzaville, les députés, les conseillers municipaux, des districts et des préfectures ont élu l’unique candidat à la présidence de la République, Alphonse Massamba-Débat, jusque là Premier ministre, par cinquante-trois voix sur cinquante-quatre députés inscrits. 

Année 1964 

- Janvier 1964 : Pascal Lissouba, chef du gouvernement
Il était ministre de l’Agriculture, des eaux et forêts et de l’économie rurale dans le gouvernement provisoire présidé par Alphonse Massamba- Débat, président de  la République. Par cette nomination, Pascal Lissouba venait d’être hissé à la tête du premier gouvernement dela deuxième République qui comptait dix membres.  

- Janvier 1964 : Léon Angor, président de l’Assemblée nationale
L’Assemblée nationale a élu son bureau définitif, dans la salle de conférences de l’hôtel de ville, son siège provisoire. Seul candidat au poste, Léon Angor a été élu à l’unanimité.

- Février 1964 : publication et annulation des résultats officiels des élections municipales
Le gouvernement a publié les résultats des élections municipales qui se sont déroulées le 2 février 1964. À l’issue de ces résultats, la liste du M.n.r (Mouvement national pour la révolution) a obtenu 35.363 voix, soit 53,303%.Fortement contestés par la population, ces résultats seront annulés par un décret spécial signé du président Alphonse Massamba-Débat, à cause des irrégularités constatées et la campagne d’intimidation. 

- 7 février 1964 : 3 morts et une soixantaine de blessés lors d’une émeute à Brazzaville
Les émeutiers étaient presque uniquement des membres de la tribu lari du quartier Bacongo qui se sont opposés aux forces de l’ordre. Celles-ci ont riposté à l’aide des grenades. Ces derniers voulaient le retour au pouvoir de Fulbert Youlou. À midi, le président de la République, Alphonse Massamba-Débat, a adressé un message à la nation, d’abord en français, puis en lari. «Ce que les Laris devront comprendre, c’est que toutes les tribus du Congo ne veulent plus du désordre au Congo; elles veulent vivre en paix. Elles ne permettront jamais à une seule race ou à une seule tribu, quelle que soit sa valeur ou la valeur qu’elle prétend se donner, de prendre les autres pour ses esclaves. Je ne répète là que ce qui est dit partout et que vous entendez vous-mêmes», avait-il déclaré. 

-7 février 1964 : institution du couvre-feu sur toute l’étendue des agglomérations de Bacongo, Makélékélé et Moukounzingouaka de 19h à 6h du matin, par décret n°64-38. 

- 22 février 1964 : établissement des relations diplomatiques entre la République du Congo et la République populaire de Chine
Le gouvernement de la République du Congo et le gouvernement de Chine ont décidé de se reconnaître mutuellement et d’établir des relations diplomatiques au niveau des ambassades, en conformité des cinq principes suivants: respect mutuel de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, non agression mutuelle, non ingérence dans les affaires intérieures, égalité et avantages réciproques, coexistence pacifique. Les deux gouvernements sont unanimement d’accord pour développer les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays. 

- 3 mars 1964 : création, par décret n°64-85, d’un comité d’organisation et d’un secrétaire général des premiers jeux africains 

- Août 1964 : institution de la censure au Congo
Sous la conduite du secrétaire général du M.n.r (Mouvement national de la révolution), Alphonse Massamba-Débat, le comité central du parti unique a convoqué la presse nationale à une séance de travail, pour étudier ensemble la place de la presse dans les nouvelles structures de  la nation. Parmi les mesures prises au cours de cette rencontre, la création d’une commission de censure.
Cette commission avait pout but de statuer sur l’honnêteté d’un article, d’en soustraire certaines parties susceptibles de troubler la masse, de faire respecter l’esprit de  la révolution. Il sera, également, institué une commission de censure cinématographique. 

- 8 Septembre 1964 : prestation de serment d’Auguste Roch Nganzali, nouveau procureur général de
la République

Nommé
à titre exceptionnel par décret n°64/286 du 3 septembre, le nouveau procureur général de la République près la Cour d’appel de Brazzaville et près la Cour suprême, Auguste Roch Nganzali, doyen de barreau, maître Proucel (vingt-cinq années de service à Brazzaville) a prêté serment au palais de justice, en présence de Pascal Ockyemba-Morlende, ministre de la Justice, garde des sceaux, et de Joseph Pouabou, président de la Cour suprême, etc. 

- 5 novembre 1964 : naissance de la C.s.c (Confédération syndicale congolaise)
Après avoir discuté des conditions pratiques de l’organisation de l’unité syndicale en fonction de la volonté unanime des travailleurs et leur souci de mettre en place, de toute urgence, une centrale unique groupant tous les travailleurs congolais, la C.c.s.l (Confédération congolaise des syndicats libres), la C.g.a.t (Confédération générale africaine du travail), la C.f.a.c.a.c.p (Confédération des fonctionnaires des agents contractuels de l’administration et des collectivités publiques) et la F.p (Fédération postale) ont accepté librement la création d’une confédération syndicale congolaise et l’impression des cartes syndicales au style de la nouvelle centrale. 

Année 1965 

- 1er janvier 1965 : Che Guevara accueilli à Brazzaville
Forte personnalité du régime révolutionnaire de La Havane, à Cuba, Che Guevara, ministre cubain de l’Industrie, est arrivé à Brazzaville. Il est accompagné de l’ambassadeur cubain en Algérie, le commandant Serguera. Le 2 janvier, l’homme d’État cubain est reçu par le président Massamba-Débat. 
 

- Février 1965 : complot contre le Congo-Brazzaville ?
S’appuyant sur les déclarations qui auraient été faites par le président Modibo Keita (Mali), les journaux soviétiques et du «Nationalist» de Dar-Es-Salaam du 27 janvier 1965, le Premier ministre, chef du gouvernement, Pascal Lissouba dénonce, sur les antennes de «La Voix de la Révolution congolaise », le complot qui serait ourdi dans certains milieux européens et africains contre le gouvernement du Congo-Brazzaville.

- 15 février 1965 : trois hauts fonctionnaires assassinés
Dans la nuit du 15 au 16 février 1965, trois hauts fonctionnaires, Joseph Pouabou, président de la Cour suprême, Lazare Matsocota, procureur de la République et Anselme Massoueme, directeur de l’ « Agence congolaise de l’information » sont enlevés et assassinés. Les corps de MM. Matsocota et Massoueme ont été retrouvés, complètement mutilés. Les recherches se poursuivent en vue de retrouver celui de M. Pouabou. Il n’a jamais été retrouvé. 

- 4 mars 1965 : l’U.d.f.c devient l’U.r.f.c
Jeudi 4 mars 1965, l’Union démocratique des femmes du Congo (U.d.f.c) cède la place à l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (U.r.f.c). Mme Céline Yandza est élue présidente nationale de l’U.r.f.c. 

- 10 mars 1965 : création de commissaires de gouvernement
Le décret n°65/81 du 10 mars 1965 porte création de commissaires du gouvernement qui peuvent se substituer aux préfets dans les circonscriptions administratives. 

- Jeudi 25 mars 1965 : pose de la première pierre de la cimenterie de Loutété
Le chef de l’État congolais, Alphonse Massamba-Débat, s’est rendu à Loutété, à la tête d’une importante délégation, pour poser la première pierre de la cimenterie de Loutété. L’usine, qui produira cent mille tonnes de ciment, nécessite un investissement d’un milliard cinq cents millions de francs Cfa. Les firmes allemandes y contribuent pour neuf cents millions et le gouvernement allemand pourrait accorder son aide, en finançant le reliquat de l’investissement. 

- 25 mars 1965 : l’ancien président de la République, Fulbert Youlou, interné d’abord dans le camp militaire «Fulbert Youlou», puis transféré, quelques semaines plus tard, avec sa famille, au camp de gendarmerie du «Djoué», s’évade et se réfugie à Léopoldville. On évoque des complicités, jusqu’au haut sommet, dans son évasion. 

- 8 juin 1965 : Fulbert Youlou, condamné à la peine capitale par contumace
Le procès des détenus politiques, internés depuis les évènements des 13, 14, 15 août 1963, s’est ouvert le 8 juin 1965. Pour cette première séance, trois accusés devaient comparaître: l’abbé Fulbert Youlou, en fuite, a été condamné à mort par contumace et ses biens meubles et immeubles nationalisés. Apollinaire Bazinga et René Kinzounza ont été relaxés. 

- 17 juin 1965 : procès des trafiquants d’armes
Après le procès des dirigeants de l’ancien régime, le tribunal populaire a aussi ouvert ceux des trafiquants d’armes de guerre et des responsables des évènements du 7 février 1964. Le procès, ouvert le 17 juin 1965, était appelé celui des nostalgiques de l’ancien régime. Des armes de guerre, transitant, clandestinement, par Léopoldville, ont été saisies au Congo-Brazzaville. MM. Hazoume, ancien conseiller politique de l’abbé Fulbert Youlou, et Bernard Kolélas ont été reconnus responsables de ce trafic. M. Kolélas a été condamné à la peine capitale, par contumace. 

-18 juin 1965 : création du Corps national de la défense civile, avec pour chef de corps Ange Diawra 

-18-25 juillet 1965 : premiers jeux africains à Brazzaville
Vingt-sept pays africains ont participé aux premiers jeux africains qui se sont déroulés à Brazzaville. Si
la République Arabe Unie a obtenu plus de médailles que les autres pays, le Congo-Brazzaville était vainqueur du tournoi de football. 

- 12 août 1965 : nationalisation de l’enseignement
La loi n°32/65 du 12 août 1965 porte nationalisation des écoles confessionnelles. Les mouvements catholiques des jeunes sont interdits. Les Églises du Congo n’ont plus le droit d’enseigner le catéchisme pendant les heures de cours. 

- 12 août 1965 : le stade omnisports devient Stade de la révolution
19 septembre 1965: création du M.n.p (Mouvement national des pionniers). Auguste Bitsindou en est le commissaire national. 

Année 1966  

-7 janvier 1966 : pose la première pierre du bureau régional de l’OMS
La cérémonie se déroule en présence du président Alphonse Massamba-Débat. Prenant la parole, le Dr Quenum, directeur régional de l’OMS, a rendu un hommage au chef de l’État¸ avant de décrire les circonstances d’implantation du siège de l’OMS à Brazzaville. 
 

-1er janvier 1966 : mise en service de la compagnie aérienne Lina Congo
Le décret d’application de la loi 37/65 du 12 août 1965 portant création de la société des lignes nationales aériennes congolaises «Lina-Congo», a été signé le 19 décembre 1965 sous le n°65/329. Mais, c’est à partir du 1er janvier 1966 que la compagnie nationale Air-Congo, mise en liquidation par la loi 36/65 du 12 août 1965, a cessé de fonctionner, pour laisser la place à Lina-Congo.

- Avril 1966 : Démission du Premier ministre Pascal Lissouba Dans un communiqué du bureau politique daté du 26 avril, le président de la République et secrétaire général du MNR (Mouvement national de la révolution), Alphonse Massamba-Débat, annonce l’acceptation de la démission de son Premier ministre, Pascal Lissouba. 

-6 mai 1966 : Ambroise Édouard Noumazalaye, nommé chef du gouvernement
Le nouveau Premier ministre est nommé par décret n°66/163 du 6 mai 1966, signé du président Alphonse Massamba-Débat. Né le 23 septembre 1933, il est élu secrétaire du bureau politique en juillet 1964. M. Noumazalaye, qui est à la tête d’une équipe gouvernementale de dix membres, était directeur des affaires économiques. 

- 10 mai 1966 : Georges André Mouyabi, président de l’Assemblée nationale
Réunie en session ordinaire, l’Assemblée nationale a procédé au renouvellement de son bureau. C’est ainsi que Georges André Mouyabi a été élu président, succédant ainsi à Léon Angor. Le premier vice-président est Anatole Mouyascko et Julien Boukambou, 2e vice-président. 

- 22 juin 1966 : l’Assemblée nationale vote une loi transformant les Forces armées congolaises (F.a.c) en Armée populaire nationale (APN). Une direction politique à l’armée et un haut-commandement collégial sont créés. Les deux sont dirigés par une commission civile présidée par un officier membre du parti, qui a rang de commandant en chef de l’APN. 

- 27 juin 1966 : destitution du capitaine Marien Ngouabi, rétrogradé au rang de première classe, suite à une désobéissance de son affectation à Pointe-Noire par  la hiérarchie. Des émeutes de ses partisans éclatent pendant deux jours, réclamant la réhabilitation de l’officier. Des députés sont arrêtés et des centaines de gens mis en arrestation.  Le siège du bureau politique du MNR est saccagé. 

- 22 juillet 1966 : le tribunal populaire condamne Félix Mouzabakani et Gilbert Pongault
Interrompues depuis juin 1965, les séances du tribunal populaire ont repris à l’hôtel de ville de Brazzaville. Trois accusés devaient comparaitre: Matsieto Donatien, Makosso Jean-Aimé et N’zalakanda Blaise. Il leur était reproché de vouloir fomenter un complot dont le but était de détruire ou de changer de gouvernement et d’exciter les citoyens ou les habitants à s’armer contre l’autorité du chef du pouvoir exécutif ou d’exciter à la guerre civile. Les affaires Makosso Jean-Aimé et N’zalakanda Blaise furent renvoyées à une date non précisée. Matsieto Donahien, quant à lui, fut condamné à cinq ans d’emprisonnement. L’audience du samedi 23 juillet condamnait Félix Mouzabakani, ancien chef d’état-major adjoint de l’armée nationale et Gilbert Pongault à la peine de mort, pour une affaire d’armes de 1964.  

-15 août 1966 : célébration du 3e anniversaire de la révolution
La
cérémonie a connu la présence des présidents Joseph- Désiré Mobutu, du Congo-Kinhsasa, et Jean-Bédel Bokassa de la République centrafricaine. Après la revue des troupes, Claude Da Costa, deuxième secrétaire du bureau politique et ministre de la Reconstruction nationale, est monté à la tribune pour déclarer ouvertes les manifestations officielles du 15 août. Par ailleurs, il a dégagé la signification des diverses étapes qui ont marqué le chemin de la révolution. Dans une courte allocution en kituba, le président Alphonse Massamba-Débat rappelle qu’il ne serait fait aucune allusion aux problèmes internes. Après cette courte mise au point, il a indiqué en français que ce 15 août devait logiquement marquer le sixième anniversaire de notre indépendance car, en effet, c’est bien le 15 août 1960 que le Congo devint indépendant. 

- 29 décembre 1966 : création, par décret n°66-352, d’une école nationale de formation para-médicale et médicosociale dénommée École Jean Joseph Loukabou. 

Année 1967   

- 14 janvier 1967 : Me Moudileno Massengo, 1er avocat congolais
Par arrêté du garde des sceaux, ministre de la Justice, Me Moudileno-Massengo a été nommé avocat défenseur près la Cour d’appel de Brazzaville, le 13 janvier 1967. Il a prêté serment le 14 janvier 1967.  

-1er février 1967 : des percepteurs des droits d’auteurs
Le Conseil des ministres du 1er février 1967 a, entre autres, adopté deux décrets ayant trait aux droits d’auteurs. Le premier porte désignation d’agents assermentés par les organismes professionnels d’auteurs et le second définit le règlement de la perception des droits d’auteurs. Il s’agit de prendre des dispositions qui permettent aux auteurs-compositeurs congolais de récupérer les droits qui leur sont légalement dûs, conformément à la convention de Berne.

-5 mai 1967 : Radiodiffusion-Télévision congolaise, service public
Le décret n°67/135 du 5 mai 1967 fait de la Radiodiffusion-Télévision «un service public de l’État, placé sous l’autorité du ministre de l’Information, en vue de satisfaire les besoins d’information, d’animation, de culture et de distraction du public».
 

- 7 juin 1967 : match de football Congo-Brésil
Le célèbre footballeur brésilien, Pelé, et l’équipe Santos jouent à Brazzaville contre la sélection congolaise. Score: trois buts à deux en faveur du Brésil. 

-15 juin 1967 : création, par la loi n°5-67, de la Snde (Société nationale de distribution d’eau), 

- 30 juin 1967 : Nicaise Samba nommé directeur de l’agence comptable inter-États de l’Udéac
Par décision n°3/67-P du 1er avril 1967, du président du conseil des chefs d’État, Nicaise Samba, inspecteur du Trésor de la République du Congo, est nommé directeur de l’agence comptable inter-États. Il remplace, à ce poste, M. Sicre qui assurait ces fonctions depuis janvier 1966. 

- 23 juillet 1967 : impossibilité de tenir le congrès de la JMNR
Le
bureau politique du MNR, réuni en séance extraordinaire, a rendu public le communiqué par lequel il informe le public de l’impossibilité de réunir le congrès de la JMNR (Jeunesse du mouvement national de la révolution). Le bureau politique nomme une direction de la JMNR que préside Ange Diawara et ayant pour membres Ange Poungui, Nicolas Okongo, Claude Ndala et André Hombessa. 

- 23 août 1967 : le gouvernement congolais réorganise son administration territoriale. Préfectures et sous-préfectures deviennent régions et districts. 

-19 octobre 1967 : les véhicules de l’État doivent être utilisés à des fins strictement de service
Le ministre de l’Information, Pierre Mvouama, rendant compte des travaux du Conseil des ministres, du 19 octobre 1967, a indiqué qu’«il n’y a pas deux catégories de citoyens congolais et les véhicules administratifs ne doivent être utilisés qu’à des fins strictement de service». Le ministre a ajouté que certaines personnes (directeurs et chefs de service) utilisent des véhicules administratifs à des fins personnelles. Le peuple congolais ayant rompu avec les vieilles habitudes, il est inconcevable qu’une certaine caste de Congolais se servent des véhicules de l’État, pour des extra-services. 

- 26 octobre 1967 : mort du procureur général Auguste Roch Ngandzadi
Victime d’un accident de circulation, à proximité de Kinkala (Pool), le 19 octobre 1967, Auguste Roch Ngandzadi est mort le 26 octobre, à Paris (France) où il avait été évacué le 20 octobre. Son inhumation a eu lieu le 1er novembre au cimetière du centre-ville de Brazzaville. 

- 24 novembre 1967 : le ministre de l’Information, Pierre Mvouama, annonce l’adoption, en Conseil des ministres, du décret portant organisation de l’ONLP (Office national des librairies populaires) 

-13 décembre 1967 : pose de la première pierre de la verrerie du Congo dont la mise en exploitation est prévue pour la fin de l’année 1968. La production annuelle est évaluée à 6000 tonnes. C’est le président de la République qui a procédé à la pose de la première pierre. Le montant total de l’investissement est de 562 millions de francs Cfa. 

- Jeudi 21 décembre 1967 : adoption du budget, exercice 1968
Peu avant minuit, les députés adoptent le projet du budget de l’année 1968, arrêté à treize milliards deux cent soixante-trois millions trois cent trente-cinq mille six cent soixante treize francs (13.263.335.673 francs Cfa). 

- 21 décembre 1967 : promulgation de la loi n° 23-67 portant loi programme pour l’africanisation des postes de travail dans les sociétés, entreprises, établissements et succursales exerçant dans la République du Congo. 

Année 1968  

- Février 1968 : ouverture de l’hôpital de Makélékélé
Les travaux de ce complexe sanitaire avaient commencé en 1963. Ils avaient été interrompus pendant près de deux ans. Financé entièrement par l’État congolais à hauteur de 63.997.241 de francs Cfa, cette unité sanitaire a bénéficié d’un équipement de l’Unicef, dans le cadre de son assistance aux pays en voie de développement, et au programme de développement des services de santé congolais. 
 

- 2 mars 1968 : inauguration de la gare de Tié-Tié, à Pointe-Noire
C’est Pierre M’Vouama, ministre des Travaux publics, des transports, des postes et télécommunications, président du comité directeur de l’A.t.e.c (Agence transéquatoriale de communications), qui procède à l’inauguration de cette gare.

- 25 mars 1968 : inauguration de l’usine de cimenterie de Loutété
Fruit de la coopération entre le Congo et la République Fédérale d’Allemagne, l’usine de cimenterie de Loutété est inaugurée par le président Alphonse Massamba-Débat, en présence de M. Hasslacher, ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne au Congo. 

- 13 mai 1968 : tentative de coup d’État déjoué à Brazzaville
Dans la nuit du 13 au 14 mai, une tentative de coup d’État a échoué à Brazzaville. Le ministre de l’Information, André Hombessa, révèle ce qui s’était passé en déclarant qu’un commando de mercenaires avaient réussi à se rendre au domicile d’un officier de l’armée populaire nationale congolaise, le lieutenant Portella, qu’ils avaient contraint, après un échange de coups de feu, à les conduire auprès du lieutenant Augustin Poignet, secrétaire d’État à la Défense nationale. «Grace à une ruse des deux officiers, l’alerte a pu être donnée», a poursuivi André Hombessa qui, par ailleurs, a fait savoir que les membres du commando ont été réduits à l’impuissance. «Ils se trouvent sous les verrous», a-t-il ajouté. Le responsable de cette opération était M. Jacques Debreton. 

- 15 mai 1968 : André-Georges Mouyabi réélu à la présidence de l’Assemblée nationale.          

Le premier vice-président est Donatien Moulounda et le 2e vice-président André Bouninga. Outre les membres du bureau politique, le gouvernement y était largement représenté. Les autres membres du bureau sont: 1er secrétaire: Ernest Meking; 2e secrétaire: Daniel Lebamba, 1er questeur: Georges Boukhette; 2e questeur: Samuel Tchicamboud.  - 31 mai 1968 : inauguration de l’aérodrome de Loukoléla
Loukoléla a été doté d’un aérodrome inauguré par le ministre Édouard Ebouka-Babakas. Financé par l’État congolais, la construction de cet aérodrome a couté 15 millions de francs Cfa. 

- 22 juillet 1968 : appel à candidature du président Alphonse Massamba-Débat
Le chef de l’État, Alphonse Massamba-Débat, dans un message à la Nation, demande à ceux qui le désirent de faire acte de candidature à la présidence de la République avant midi du samedi 27 juillet. 

- 27 juillet 1968 : nouvelle déclaration d’Alphonse Massamba-Débat. Faute de candidature, le chef de l’État annonce qu’il demeure à son poste jusqu’à la fin du mandat. 

- 29 juillet 1968 : arrestation du capitaine Marien Ngouabi
Alors que la classe politique conteste de plus en plus les décisions du président Massamba-Debat, celui-ci fait arrêter le capitaine Ngouabi et le lieutenant Eyabo, pour activisme politique trop prononcé. 

- 31 juillet 1968 : après une mutinerie du camp des bérets rouges, un détachement de para-commandos, conduit par l’adjudant Akouala, libère, dans la nuit, le capitaine Marien Ngouabi et le lieutenant Eyabo. 

- 31 juillet 1968 : manifestation de soutien au président Alphonse Massamba-Débat. À l’issue de cette manifestation qui s’est déroulée à l’hôtel de ville de Brazzaville, les manifestants exigent la dissolution du Parlement et du bureau politique du MNR. 

- 1er août 1968 : dissolution de l’Assemblée nationale et du bureau politique
En raison de la situation de crise politique qui prévaut dans le pays et pour répondre aux voeux de la population, le président Alphonse Massamba-Débat dissout l’Assemblée nationale élue le 8 décembre 1963 et décide de légiférer par voie d’ordonnance. Au niveau du parti, il a pris un acte réglementaire qui mettait le bureau politique à l’écart des activités nationales, jusqu’à la convocation du congrès du parti. Un comité de défense de la révolution est mis en
place. 

- 2 août 1968 : libération des prisonniers à la maison d’arrêt de Brazzaville
Les para-commandos, qui avaient investi la maison d’arrêt, font libérer les prisonniers parmi lesquels le commandant Félix Mouzabakani, ancien chef d’état-major. Le président de la République accorde une amnistie générale à tous les détenus politiques. 

- 3 août 1968 : Augustin Poignet investi des prérogatives de chef d’État
Un communiqué, le deuxième, lu à la radio, charge le lieutenant Augustin Poignet des prérogatives de chef de l’État, en l’absence du titulaire, Alphonse Massamba-Débat. Le capitaine Marien Ngouabi est nommé commandant en chef de l’armée, en remplacement du capitaine Damas Ebadep. Le lieutenant Louis Sylvain Goma assume, quant à lui, les charges de chef d’état-major général des Fac. Un ouvre feu est décrété de 19h30 à 6 heures du matin. 

- 4 août 1968 : le capitaine Marien Ngouabi invite le président Alphonse Massamba-Débat à rejoindre ses collaborateurs
Dans l’intérêt national, le commandant en chef de l’armée, le capitaine Marien Ngouabi, invite, dans l’intérêt national, le président Alphonse Massamba-Débat à reprendre son courage et à rejoindre ses collaborateurs. «L’Armée populaire nationale est garante de sa sécurité comme elle l’est de tous les citoyens». Avant midi, un communiqué annonce le retour du chef de l’État au palais présidentiel où il préside un Conseil des ministres. À l’issue de ce conseil, les membres du gouvernement offrent leur démission collective, dans le souci d’aider le chef de l’État à résoudre  la crise. Le couvrefeu, qui avait été institué, est reporté à 22h. 

- 5 août 1968 : Alfred Raoul, nommé Premier ministre
Après une journée de consultations, le président Massamba-Débat a formé un nouveau gouvernement provisoire de treize membres dont le capitaine Alfred Raoul est le Premier ministre. Sept ministres du précédent gouvernement ne font plus partie de cette nouvelle équipe. D’autre part, une importante décision a été prise concernant les forces armées, à savoir la fusion de la défense civile et de l’armée populaire nationale, auxquelles serait également intégrée la gendarmerie. 

- 1 août 1968 : mise en place du Cnr (Conseil national de la révolution)
Le Cnr dont la création avait été annoncée le 1er août dernier par le président Alphonse Massamba-Débat, est mis sur pied. Quarante et un membres composent ce conseil qui est coiffé par un directoire. Douze officiers font partie du Cnr, dont Marien Ngouabi, Alfred Raoul, Kimbouala-Nkaya et Denis Sassou. C’est au cours d’une importante séance tenue à l’hôtel de ville que les membres du Cnr et du directoire ont été présentés au public. 

- 16 août 1968 : un Acte fondamental remplace la Constitution de 1963 et institue légalement le Cnr comme organe législatif provisoire.
Il est présidé par le capitaine Marien Ngouabi, alors que le président de la République, Alphonse Massamba-Débat, n’en est que simple membre. Le pouvoir vient, en réalité, de changer de main. 

- 20 août 1968 : le commandant Alfred Raoul est nommé Premier ministre 

- 31 août 1968 : Chute du camp de la Météo
Les Brazzavillois
sont surpris par des crépitements de mitrailleuses lâchés vendredi sur une patrouille mixte APN (Armée populaire nationale) et Défense civile, qui évoluait vers le pont du Djoué, faisant des blessés dont un soldat de la Défense civile et un officier militaire. Après cet incident, les forces régulières ont décidé de cerner le camp Météo, afin d’obtenir des miliciens, qu’ils déposent les armes sur appel du chef de l’État. Les populations habitant aux environs immédiats du camp Météo sont priées d’évacuer immédiatement leurs domiciles. Un communiqué annonce la prise du camp. Aux termes d’un autre communiqué, ordre est donné à tous les militaires de réintégrer les casernes où ils ont été consignés jusqu’à nouvel ordre. 

- 4 septembre 1968 : démission du président Alphonse Massamba-Débat
L’annonce est faite sur les ondes de la « Voix de la révolution congolaise » par le capitaine Marien Ngouabi, président du Cnr et ministre de la Défense nationale. Dans sa lettre de démission adressée au président du Cnr, Alphonse Massamba-Débat lui demande d’assumer les fonctions de président de la République, jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions. Mais, véritable homme fort du moment, le capitaine Marien Ngouabi ne se précipite pas à s’emparer du pouvoir.
  

-7 septembre 1968 : le Cnr aménage l’Acte fondamental et supprime la fonction de président de
la République.
Premier ministre, Alfred Raoul est chargé d’assurer l’intérim à la tête de l’État, jusqu’à la mise en place d’institutions définitives.  

- 21 novembre 1968 : inauguration du siège de la Banque centrale
Il ne s’agit pas d’une nouvelle institution mais du remplacement d’un vieux bâtiment par un neuf, répondant aux exigences d’une banque centrale. C’est le commandant Alfred Raoul qui procède à l’inauguration officielle de ce bâtiment, en présence de Georges Gauthier, président de la Banque centrale des États de l’Afrique équatoriale et du Cameroun. 

- 31 décembre 1968 : l’Acte fondamental est de nouveau modifié, avec la réintroduction de la fonction de président de la République.Le Cnr, véritable organe du pouvoir, est réduit à vingt-huit membres. Les proches du président démissionnaire, Alphonse Massamba-Débat, sont mis à l’écart. Chef du Cnr, Marien Ngouabi est proclamé président de la République. Il a 30 ans et prend les rênes d’un pays d’à peine un million d’habitants, dont l’économie repose sur l’agriculture (vivrière et d’exportation, notamment le café et le cacao), l’exportation du bois, l’exploitation minière, le transport, notamment le Chemin de fer Congo-Océan) et un tissu industriel relativement modeste. 

Année 1969  

- 16 janvier 1969 : une bibliothèque à la maison d’arrêt de Brazzaville
Le ministre de la Justice, Aloyse Moudileno, inaugure la bibliothèque de la maison d’arrêt de Brazzaville.  

- 25 janvier 1969 : l’hélicoptère présidentiel s’abîme dans le fleuve Congo
Six militaires de l’escadrille aérienne, dont l’âge oscille entre 23 et 26 ans, prennent place à bord de l’hélicoptère présidentiel qui s’abîme dans le fleuve Congo, vers Kintélé, à 25 km de Brazzaville. Il y a un rescapé.

- 5 février 1969 : création de la Cour révolutionnaire de justice
Le Conseil national de la révolution (Cnr), réuni le 5 février 1969, de 9h à 16h30, adopte le projet créant la Cour révolutionnaire de justice. Une ordonnance, publiée le 7 février, précise les fonctions de cette cour. «En cas de menaces graves contre la révolution, ou de troubles portant atteinte à l’ordre public ou à l’autorité de l’État, le chef de l’État, sur décision du bureau politique, devra, par décret pris en Conseil des ministres, décider de l’installation de la Cour révolutionnaire de justice, pour réprimer les crimes et délits spécifiés aux articles 3, 4, 5 et 6 de la présente ordonnance», précise l’article 2 de l’ordonnance. Cette cour a été intronisée le 5 février 1969, à l’hôtel de ville de Brazzaville, sous la présidence de Me Aloyse Moudileno-Massengo, garde des sceaux, ministre de la Justice et du travail. Cette instance composée de vingt-cinq membres (magistrats, officiers, soldats et civils) jugera tous les délits politiques commis depuis le 15 août 1963.
 

- 6 février 1969 : modification de la loi créant l’Armée populaire nationale
Le président du Cnr, le commandant Marien Ngouabi, signe l’ordonnance n°1/69 portant modification de la loi 11/69 créant l’Armée populaire nationale. 

-18 avril 1969 : Découverte du pétrole au sud de Pointe-Noire
La «Voix de la révolution congolaise» annonce, le 18 avril 1969, la découverte du pétrole, à environ 30 km, au sud de Pointe-Noire. À la suite de l’accord conclu le 17 octobre 1968, entre le gouvernement congolais et le groupe Erap-Elf,la société Elf-Congo a commencé, le 13 mars 1969, un premier forage en mer. 

- 29 mai 1969 : Procès Debreton à Brazzaville
La Cour révolutionnaire de justice s’est prononcée sur le cas Jacques Debreton et ses co-accusés. Dans la nuit du 13 au 14 mai 1969, Jacques Debreton, accompagné de ses recrues, s’est rendu au domicile du capitaine Portella qu’il a contraint, après l’avoir blessé, à le conduire chez le secrétaire d’État à la Défense nationale, le capitaine Augustin Poignet. Jacques Debreton, Français, se disait au service d’une organisation appelée Ora (Organisation de renseignements et action) dont le siège serait à Franckfort (Allemagne). Il aurait été recruté par un certain Saint Martin, résidant, semble-t-il, à Génève (Suisse). Il a affirmé être arrivé au Congo-Brazzaville, avec pour mission de renverser le gouvernement Massamba-Débat. Il a été inculpé de cinq chefs d’accusation: crime d’espionnage; crime d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État; coups et blessures contre l’officier de l’Armée populaire nationale, Aimé Portella; atteinte à la sécurité extérieure de l’État; tentative d’évasion avec bris de prison. La Cour révolutionnaire de justice, présidée par Me Anselme Mandelo, a également jugé des coaccusés congolais. Elle a prononcé, samedi 31 mai 1969, les sentences suivantes: Debreton: travaux forcés à perpétuité et un million de francs d’amende; Pierre Kinganga, alias Siroko: peine de mort par contumace; Boukaka-Nganga: vingt ans de travaux forcés par contumace; Corentin Malela: deux ans de prison ferme; Adrien Malonga: un an de prison avec sursis; Pierre Loumina: un an de prison ferme mais a vu sa peine absoute. Trois autres inculpés ont été acquittés. 

- 20-25 mai 1969 : le président Marien Ngouabi en Égypte
Le chef de l’État congolais effectue une visite officielle en Égypte, du 20 au 25 mai 1969. Le communiqué final à l’issue des entretiens entre les deux hommes d’état indique que les deux parties ont exprimé leur attachement et leur appui aux principes de l’OUA et leur détermination à la consolider.
Elles ont condamné la discrimination raciale pratiquée par le gouvernement d’Afrique du Sud et la politique expansionniste d’Israël. 

- 19 juin 1969 : Le capitaine Barthélemy Kikadidi, Foueti et dix-sept autres personnes sont arrêtés pour tentative de coup d’État en faveur de l’ex-président Alphonse Massamba-Débat. Ils sont condamnés à des peines d’emprisonnement diverses et Kikadidi est radié de l’armée. 

- 9 juillet 1969 : premier train de potasse au wharf de Pointe-Noire C’est une rame de vingt wagons, portant chacun quarante-cinq tonnes de potasse extrait de la mine de la compagnie des potasses du Congo dont le gisement se trouve à 48 Km environ de Pointe-Noire. Ces neuf cents tonnes ne sont pas les premières sorties de la mine. Depuis le 13 juin 1969, mille tonnes ensachées ont été expédiées par le CFCO à Jacob (actuel Nkayi) et étendues sur une partie de l’immense domaine de la Sian, pour un meilleur rendement de la canne à sucre et d’autres productions agricoles de la vallée du Niari. 

- 24 juillet 1969 : procès Mouzabakani à Brazzaville
Après dix longues séances, la Cour révolutionnaire de justice a rendu son verdict sur ce que l’on a appelé l’affaire Mouzabakani. Officier de l’armée, ancien ministre de l’Intérieur, Félix Mouzabakani est condamné aux travaux forcés à perpétuité. 

- 12 août 1969 : inauguration de l’usine textile de Kinsoundi et la maternité Blanche Gomes
L’accord de coopération économique entre le Congo et la Chine populaire a donné naissance à l’usine textile de Kinsoundi, inaugurée le 12 août 1969. L’usine a nécessité un investissement estimé à 1.200.000.000 de francs Cfa. Le même jour, a été inaugurée la maternité Blanche Gomes, construite avec l’appui financier de l’Union soviétique. 

- 8 novembre 1969 : complot déjoué
Samedi 8 novembre 1969, «La Voix de la Révolution » a déclaré qu’un complot venait d’être déjoué dans la nuit du 7 au 8 novembre 1969. Trente personnes ont été arrêtées. Parmi elles, Bernard Kolélas, condamné par contumace, pour trafic d’armes en 1964 et gracié après le 31 juillet 1968. Pour le président du Cnr (Conseil national de la révolution), jamais, depuis l’accession du Congo à l’indépendance, on n’a enregistré «un si grand complot contre notre nation». À partir de 13h, samedi 8 novembre, les Brazzavillois sont invités à aller voir les armes, les munitions saisies ainsi que les personnes arrêtées. Dimanche 9 novembre, les membres du Cnr ont décidé de créer une cour martiale devant «connaître, dans les délais les plus courts, les atteintes spéciales à la révolution». 

- Jeudi 20 novembre 1969 : l’affaire des assassinats politiques de février 1965 devant la Cour révolutionnaire d’exception
La Cour révolutionnaire d’exception, composée des membres de la Cour martiale, des présidents et viceprésidents de la Cour suprême, de la Cour révolutionnaire de justice, s’est penchée sur le problème des assassinats politiques perpétrés dans la nuit du lundi 15 à mardi 16 février 1965 où trois hauts fonctionnaires, Lazare Matsocota, procureur de la République, Joseph Pouabou, président de la Cour suprême et Anselme Massouemé, directeur de l’ « Agence congolaise d’information », avaient été enlevés et les deux corps de Matsocota et Massouemé ont été retrouvés mutilés. La Cour révolutionnaire d’exception a entendu Alphonse Massamba-Débat, ancien chef de l’État, les anciens Premiers ministres Pascal Lissouba et Ambroise Noumazalaye. Et aussi d’autres personnalités comme Jean-Baptiste Lounda, Ernest Claude Ndalla, Étienne Malounga, Joseph Loubassou et Joseph Mampouya. Cependant, Alphonse Massamba-Débat, Pascal Lissouba, Ambroise Noumazalaye, Jean-Baptiste Lounda et André Hombessa sont accusés de n’avoir pas réagi en responsables politiques avisés. Ils ont été condamnés, les trois premiers nommés, à deux ans de suspension d’activités politiques au sein du parti et d’interdiction de sortie du territoire et les deux derniers à un an de suspension d’activités politiques et interdiction de sortie. 
La cour a reconnu responsables des enlèvements des victimes: Vander Reysen Antoine, directeur de cabinet de M. Lissouba; Maboungou-Mbimba, membre du Comité central et ex-président du Conseil économique et social, Michel Mbindi, ancien directeur général de la sûreté. Ils ont été condamnés, chacun, à dix ans de travaux forcés. Deux autres inculpés, Antoine Ngayot et Félix Kanoukounou, ont été condamnés respectivement à cinq ans et trois ans d’emprisonnement avec sursis. Pierre Kinganga, Aimé Matsika, Michel Mbindi, Prosper Ngandzion et Maboungou-Mbimba sont condamnés à mort par contumace. 

- 29 – 31 décembre 1969 : tenue à Brazzaville du congrès constitutif du PCT (Parti congolais du travail)
Il se définit comme un parti unique d’avant-garde, d’idéologie marxiste-lénniste.
La nouvelle Constitution est promulguée à cette occasion. Le président de la République est en même temps chef du parti, en qualité de président du Comité central du PCT. Le parti est coiffé par un bureau politique dirigé par le président de la République. Le PCT met en place ses organisations de masse. Le Congo devient une République populaire. Les symboles de la République sont changés. Le drapeau tricolore (vert-jaune-rouge) est remplacé par un drapeau rouge avec une houe et un marteau jaunes entrecroisés, entourés de deux palmes vertes. L’hymne national, «La Congolaise » est remplacé par «Les Trois glorieuses». Le Parlement est supprimé.
La République Populaire du Congo est désormais dirigée par un régime d’obédience marxiste. 

Année 1970  

- 3 janvier 1970 : promulgation de la nouvelle Constitution de la République Populaire du Congo
Adoptée par le congrès constitutif du Parti congolais du travail (PCT), le 30 décembre 1969,
la nouvelle Constitution de la République Populaire du Congo est promulguée par le commandant Marien Ngouabi, président de la République. 
 

- 7 janvier 1970 : le président Marien Ngouabi prête serment
En présence de plusieurs milliers de militants, des membres du comité central et du bureau politique du PCT, les membres du conseil d’État, de la Cour suprême et du corps diplomatique, le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, président de la République, chef de l’État, prête serment, à l’hôtel de ville.

- 14 janvier 1970 : le budget national arrêté à 18 milliards de francs Cfa.
Le budget ordinaire de l’État, rendu public par ordonnance n°3/70 du président de la République, est arrêté en recettes et en dépenses à la somme de 18 milliards cent millions de francs Cfa: il est réparti comme suit: dette publique: 635 millions; personnel: 8 milliards 479 millions; matériel: 1 milliards 979 millions; dépenses communes: 2 milliards 884 millions; dépenses en capital: 511 millions; contribution à l’investissement: 1 milliard 500 millions. 

- 23 mars 1970 : coup d’État manqué de Kinganga
La «Voix de la révolution congolaise» diffuse l’ancien hymne national, «La Congolaise». Une déclaration prononce la destitution du chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, et annonce la création d’un comité militaire de libération nationale. Bien avant 9h, cette déclaration, qui surprend les auditeurs de
la « Voix de la révolution congolaise », cesse d’être diffusée. À 10h, le chef de l’État, Marien Ngouabi, depuis l’état-major général, dément le coup d’État et annonce la chute de l’ex-lieutenant Kinganga, principal responsable de la tentative de putsch. Il venait d’être abattu par l’armée. Dans l’après-midi, un meeting est organisé à la place de l’hôtel de ville, à Brazzaville, présidé par le chef de l’État. Après ce meeting, le président de la République adresse un message à la nation. 

- 26 mars 1970 : l’abbé Émile Biayenda nommé archevêque-coadjuteur de Brazzaville
Après la messe chrismale du jeudi-saint, Mgr Théophile Mbemba, archevêque de Brazzaville, fait connaître à l’assemblée des fidèles réunis à la cathédrale, l’heureuse nouvelle de la nomination, par le Pape Paul VI, de l’abbé Émile Biayenda comme archevêque titulaire de garde et coadjuteur de l’archidiocèse de Brazzaville, avec droit de succession. 

- 31 juillet 1970 : Jacques Joachim Yhombi-Opango suspendu de ses fonctions de chef d’étatmajor général de l’APN
Par décision n°0023/PCE/MDN du président du Parti congolais du travail, président de la République, chef de l’État, ministre de la Défense nationale et de la sécurité, le chef de bataillon, le commandant Jacques Joachim Yhombi-Opango, est suspendu de ses fonctions de chef d’étatmajor général de l’Armée populaire nationale (APN). 

- 14 août 1970 : inauguration de l’hôpital de base de Talangaï
Intégré il y a quelques mois dans la grande famille municipale, Talangaï vient d’être doté d’un centre médical. C’est le chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, qui procède à son inauguration, en présence du maire de la ville, Lambert Ngalibali. 

- 23 septembre 1970 : condamnation de Maurice Stéphane Bongho-Nouarra
Accusé de vouloir créer un mouvement susceptible de nuire à la sûreté intérieure de l’État, de former un complot dont le but est de changer le gouvernement ou les institutions en place et de propager de fausses rumeurs, Maurice Stéphane Bongho-Nouarra est condamné à dix ans des travaux forcés, par la Cour révolutionnaire de justice présidée par Ngouonimba-Nczary. 

- 19 novembre 1970 : inauguration de l’aérodrome de Souanké
Victor Tamba-Tamba, secrétaire d’État au développement, chargé des Postes et télécommunications, de l’aviation civile, du tourisme, de l’urbanisme et de l’habitat, procède à l’inauguration de l’aérodrome de Souanké, dans le département de la Sangha, en présence du lieutenant Alphonse Matessa, commissaire du gouvernement, et d’Eugène Buisson, chef de la mission française d’aide et de coopération au Congo. 

Année 1971 

- 14 janvier 1971 : le budget de l’État exercice 1971 à 19.555.441.000 de F Cfa
L’ordonnance présidentielle n°1/71 du 14 janvier 1971 rend public le budget voté par le comité central du PCT. Ce budget, équilibré en recettes et en dépenses, s’élève à 19.555.441.000 F Cfa. 
 

- 4 avril 1971 : inauguration de l’usine de poissons de Mossaka
Le vice-président du conseil d’État, le commandant Alfred Raoul, inaugure, à Mossaka, l’usine «Mokalu ya Mossaka». Le coût de la construction de cette usine, a révélé Bernard Mabouoke, secrétaire général du B.c.c.o «est de cent millions de francs Cfa, entièrement financé par des fonds congolais, provenant des retenues opérées sur les salaires des travailleurs congolais et par l’aide de l’État. L’usine emploie quarante personnes».

- 29 avril 1971 : la Fesac a vécu
À l’issue du conseil d’administration de la Fesac, l’accord de coopération signé le 12 décembre 1961, en matière d’enseignement supérieur et la convention du 11 décembre de la même année sont dénoncés. Le conseil recommande la création, à titre transitoire, d’un office du baccalauréat en Afrique centrale, qui serait chargé de l’organisation, pour l’année 1970-1971.
 

- 14 juin 1971 : décès du premier archevêque congolais de Brazzaville
Mgr Théophile Mbemba, premier archevêque congolais de l’archidiocèse de Brazzaville, est décédé, le 14 juin 1971. Il avait été nommé coadjuteur de l’archevêque, Mgr Michel Bernard, le 3 décembre 1961, puis archevêque de Brazzaville, après la démission de Mgr Michel Bernard, le 24 juin 1964. 

- 13 juillet 1971 : ouverture des procès des détourneurs des deniers publics
À partir du 13 juillet 1971, la Cour révolutionnaire de justice a ouvert la série des procès des détournements des deniers publics. Pendant plusieurs séances, plusieurs fonctionnaires comparaissent. Nombreux sont ceux qui ont été condamnés à des peines d’emprisonnement ferme, allant de trois ans à six mois et au remboursement des sommes détournées. Presque tous ont été révoqués de la fonction publique. Certains d’entre eux sont interdits d’exercer une profession portant patente ou licence. Le permis de conduire a été retiré à beaucoup d’entre eux. Même ceux qui ont émis des chèques sans provision ont comparu. 

- 17 juillet 1971 : inauguration de la ferme d’État de Matsumba
Samedi 17 juillet 1971, le président Marien Ngouabi a procédé à l’inauguration de la ferme d’État de Matsumba. Le directeur de la ferme a indiqué qu’elle pourra exporter le manioc congolais vers l’Europe. L’usine pourra fournir, en 1972, une production de six mille tonnes par an. Selon le ministre du Développement, chargé de l’agriculture, des eaux et forêts, Ange Diawara, la ferme utilisera deux cents personnes. 

- 19 août 1971 : fermeture des missions diplomatiques entre les deux Congo
Alors que le 16 juin 1970, les deux Congo venaient de «noyer» la hache de guerre (la cérémonie de réconciliation s’est tenue sur le fleuve), après une longue période de brouille, un grave incident vient, une fois de plus, assombrir le ciel entre les deux pays. À l’origine, cette fois, un procès ouvert, le 14 août 1971, à Kinshasa, contre les membres de la Licopa (Ligue congolaise de la paix et l’amitié entre les peuples). 

- 22 août 1971 : procès Ando Ibar
Le 21 août 1971,la « Voix de la révolution congolaise » annonce l’arrestation d’Ando Ibara Pierre, accusé du procès Licopa de Kinshasa. Le président de la République Populaire du Congo adresse des messages aux chefs d’État signataires du «Manifeste du 16 juin 1970», les invitant à se faire représenter au procès Ando Ibara, le dimanche 22 août. Les chefs d’État dépêchent, à Brazzaville, des personnalités judiciaires. Et la Cour révolutionnaire de justice déclare Ando Ibara coupable de faits d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de propagation de fausses nouvelles. Il est condamné à trois ans de prison ferme et à dix ans d’interdiction de séjour. 

- 9 octobre 1971 : inauguration de la ferme de Kombé
Le président Marien Ngouabi inaugure la ferme d’État de Kombé, non loin de Loua, au bord du fleuve Congo. Le gouvernement chinois est représenté par son ambassadeur au Congo.
  

- 4 décembre 1971 : création de l’université de Brazzaville
«Par ordonnance n°29/71 du 4 décembre 1971, il est créé, sous le nom de l’université de Brazzaville, un organisme groupant les établissements publics, qui ont pour mission d’assurer l’élaboration et la transmission de la connaissance, la formation des hommes, l’organisation de l’éducation permanente, le perfectionnement des cadres au niveau du cycle supérieur des médias, dans tous les domaines et participer au développement économique, social et culturel de la République Populaire du Congo». 

Année 1972 

- 22 février 1972 : coup d’État manqué du lieutenant Ange Diawara Farimaka
La capitale congolaise est le théâtre d’une mutinerie de quelques éléments du bataillon d’infanterie et du groupement aéroporté suivie d’une tentative de putsch par le lieutenant Ange Bidié Diawara, ancien premier vice-président du Cnr (Conseil national de la révolution, ancien membre du bureau politique du PCT et ancien ministre du Développement, chargé des eaux et forêts. Après l’accalmie, le commandant Jacques Joachim Yhombi-Opango, chef d’état-major, rassure la population et explique les faits sur les ondes de la « Voix de la révolution congolaise ». De retour à Brazzaville, après son séjour à Pointe- Noire, le président Marien Ngouabi, après avoir écouté le chef d’état-major, s’adresse, par les ondes, à la nation. Il fait un résumé succinct des évènements et lance un appel pressant à Ange Diawara et aux autres, le sous-lieutenant Matoumpa-Mpolo, Olouka et Mayetela, à se rendre: «Leur cause est perdue, ils le savent! Leur sort dépend, désormais, de la révolution et du peuple congolais
». Cette tentative de coup d’État, d’inspiration idéologique, réunit les tenants de la gauche radicale au sein du PCT, qui reprochent au président Marien Ngouabi, la tendance de son clan à la bourgeoisie, au tribalisme et au non respect des principes marxistes. L’échec du coup d’État se traduit par la mort de certains conjurés comme Élie Itsouhou, le chanteur Franklin Boukaka; l’arrestation des autres, comme Édouard Ambroise Noumazalaye, Ernest-Claude Ndalla, Camille Bongou, Kimbouala- Nkaya. Le lieutenant Ange Farimaka Diawara, 30 ans, prend le maquis, avec quelques compagnons dont le lieutenant Ikoko, dans une forêt de Goma-Tsétsé, le village natal de sa mère, dans la région du Pool.  

- 26 février 1972 : meeting de soutien au président Marien Ngouabi et à l’APN
Un grand meeting de soutien au président de la République et à l’Armée populaire nationale (APN) s’est tenu à la bourse du travail, non loin de la gare centrale de Brazzaville, sous l’égide de la CSC (Confédération syndicale congolaise). Plusieurs orateurs interviennent pour condamner la tentative de coup d’État et demander des sanctions sévères à l’encontre des comploteurs. Ce meeting, auquel avaient été conviés tous les travailleurs de la capitale congolaise, s’est terminé par une marche qui est partie de la bourse du travail jusqu’à l’état-major de l’APN.
- 27 février 1972 : le sous-lieutenant Prosper Matoumpa-Mpolo, ancien commissaire du gouvernement au Kouilou, est tué à Pointe-Noire. Il était cité dans le coup d’État manqué.

- 28 février 1972 : création d’une Cour martiale
Pour répondre aux voeux exprimés par les messages des organisations de masse, une Cour martiale est créée par ordonnance. Cette juridiction exceptionnelle est compétente pour juger toutes les personnes auteurs, coauteurs et complices, prévenus d’attentat contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État. 

- 5 mars 1972 : le Congo champion d’Afrique à Yaoundé, lors de la 8e édition de la Coupe d’Afrique des nations, après avoir battu le Mali par 3 buts à 2, et éliminé, en demi-finale, le Cameroun, pays organisateur, par un but à zéro. 

- 18 mars 1972 : visite officielle du président roumain, Nicolae Ceausescu, au Congo
Le président roumain, Nicolae Ceausescu, son épouse et plusieurs hautes personnalités roumaines, séjournent à Brazzaville du 18 au 23 mars 1972. Ils furent accueillis à l’aéroport par le président Marien Ngouabi et son épouse, par le commandant Yhombi-Opango, chef d’état-major général, et Lambert Ngalibali, maire de Brazzaville. À l’issue de cette visite officielle, deux accords de coopération sont signés. 

- 22 mars 1972 : publication du décret n°72/97, portant destitution de 21 officiers d’active de l’armée populaire nationale
Ces vingt et un officiers sont accusés d’avoir participé à la tentative de coup d’État du 22 février. Ils sont destitués de leur grade et remis combattants de 2e classe, pour haute trahison. 

- 25 mars 1972 : verdict de la Cour martiale, après le putsch manqué d’Ange Diawara, La « Voix de la révolution congolaise » rend public le verdict de la Cour martiale à l’encontre des auteurs du putsch manqué du 22 février, en même temps que le décret présidentiel commuant en réclusion criminelle à perpétuité les cinquantedeux peines capitales qui sont prononcées. 

- 7 mai 1972 : rapatriement à Brazzaville de la dépouille mortelle de l’ancien président Fulbert Youlou
À la demande des parents de l’abbé Fulbert Youlou, décédé vendredi 5 mai à Madrid, en Espagne, les membres du conseil d’État et du bureau politique du PCT acceptent que la dépouille de l’ancien président de la République du Congo soit rapatriée dans la capitale. 

- 28 mai 1972 : décès de Raphaël Bouboutou
Raphaël Bouboutou est porté en terre le 30 mai. Né en 1905, à Mbandza-Nguéri, district de Brazzaville, il arrive, très tôt, dans la capitale, où, tout en exerçant l’humble métier de marmiton, il apprend les rudiments de la langue française, dans les cours du soir que donnait Nganga Édouard, un des pionniers de l’enseignement au Congo. Dès 1925, il repart en brousse, en véritable apôtre de l’instruction et de l’éducation, pour ouvrir des écoles et enseigner les enfants de Mankoussou, Bela, Mandombi et Boko, dans la région du Pool. 

- 7 juillet 1972 : pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Pointe-Noire
Le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, chef de l’État, procède à la pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Pointe-Noire. 

Année 1973 

- 2 février 1973 : le Congo a le premier cardinal de son histoire Archevêque de Brazzaville, Mgr Émile Biayenda est créé cardinal par le pape Paul VI.  

- 23 février 1973 : La matinée du vendredi 23 février est chômée et payée à Brazzaville; les travailleurs sont conviés à aller entendre le chef de l’État qui a convoqué un meeting au stade de la Révolution, sur l’affaire Diawara et la «pléthorique fonction publique». L’affaire Diawara a eu de nouveaux et dramatiques rebondissements, notamment les 8, 9, 10 et 11 mars 1973.

- 16 avril 1973 : l’affaire Diawara devant la Cour révolutionnaire de justice
Le procès de ceux qui ont assisté ou aidé Ange Diawara et ceux ayant pris le maquis, après le putsch manqué du 22 février 1972, démarre ce lundi. La composition de la cour a été modifiée, par ordonnance présidentielle, rendue publique samedi 14 avril 1973. Les postes de président de la cour et de commissaire du gouvernement sont occupés par des personnalités politiques de premier plan: Henri Lopes et Pierre Nzé. Plus d’une quarantaine d’inculpés vont comparaître.
 

- 24 avril 1973 : mort de Diawara
Le chef de l’État, le commandant Marien Ngouabi, annonce, lui-même, par la voix des ondes, la mort d’une douzaine de maquisards, parmi eux leurs chefs Ange Diawara Farimaka et Jean-Baptiste Ikoko. Quant au procès, il s’achève par de lourdes peines. De nombreux accusés sont condamnés à des peines allant de trente ans à un an. Les inculpés français déférés devant la cour sont relaxés, «à titre exceptionnel». 

- 24 juin 1973 : Les Congolais se rendent aux urnes, pour adopter le nouveau projet de Constitution, élire les députés et les conseillers aux assemblées de région, de district et de commune, sur une liste unique.   

- 26 août 1973 : Henri Lopes, Premier ministre
Les membres du Comité central du PCT, réunis le 26 août 1973, désignent Henri Lopes comme Premier ministre, conformément à
la nouvelle Constitution adoptée le 24 juin 1973. 

- 7 octobre 1973 : la Cour révolutionnaire de justice traite l’affaire Ikogne La Cour révolutionnaire de justice examine l’affaire Ikogne. Syndicaliste à Siacongo, Albert Ikogne a été assassiné le 30 novembre 1972, à Jacob (Nkayi). Le procès se déroule à Brazzaville, au palais de justice. Le verdict est rendu, après cinq jours de délibération. Sept personnes sont condamnées à vingt ans de travaux forcés. Huit, de douze ans à un an; six sont acquittées purement et simplement, et deux, au bénéfice du doute. 

- 22 octobre 1973 : homme de lettres et ancien parlementaire, ancien instituteur, parlementaire, Lheyet-Gaboka est inhumé au cimetière du centre-ville de Brazzaville. 

- 27 octobre 1973 : amnistie des détenus politiques
Le chef de l’État déclare que le Comité central du PCT a décidé d’amnistier les détenus politiques. «Notre pays a besoin d’unité et de détente», dit le commandant Marien Ngouabi. Selon lui, «la politique extérieure d’un pays est le reflet de sa politique intérieure». C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, «les mesures graves mais alors historiques, décidées aujourd’hui, répondent à ce souci, celui de briser tout ce qui peut enraciner l’esprit de micro nationalité, afin de présenter au monde une nation, une vraie nation». 

Année 1974 

- 12 janvier 1974 : promulgation de la loi n° 10-74 portant création de la société Hydro-Congo
Cette
loi transfert à la compagnie d’État Hydro-Congo les activités des sociétés étrangères distributrices de carburant au Congo. Il s’agit de Shell, Mobil, Purfina, Texaco, Total Ouest-Africain, Doc, C.p.p et Transcogaz. Cette loi ne visait pas les gérants de stations d’essence, qu’ils soient nationaux ou étrangers.  

- 22 février 1974 : commémoration de la journée du 22 février 1972
Les festivités marquant cet évènement se sont déroulées à Ignié, à 47 km de Brazzaville, sur la route nationale n°2, où le monomoteur qui ramenait le chef de l’État de Pointe-Noire à Brazzaville, après le putsch manqué, s’était posé. De là, le commandant Marien Ngouabi put rentrer dans la capitale tandis que les putschistes prenaient la fuite ou étaient en état d’arrestation. Le chef de l’État y est retourné pour y commémorer l’évènement: un monument de l’unité y a été édifié. Suivra la construction d’une école et d’un dispensaire moderne.

- 23 février 1974 : visite du président sénégalais, Léopold Sédar Senghor À l’issue de cette visite, les deux chefs d’État se félicitent de tout ce qui rapproche les deux pays et leurs peuples. 

- 28 mars 1974 : publication du décret n°74/121 portant organisation de l’université de Brazzaville. 

- 6 avril 1974 : hommage du Congo au président Georges Pompidou
Un deuil est décrété sur toute l’étendue du territoire congolais, à la mémoire du chef de l’État français, Georges Pompidou, décédé le 2 avril 1974. À Brazzaville, un service religieux est célébré en l’église Sainte-Anne du Congo, en présence du représentant du gouvernement, le commandant Louis Sylvain Goma. 

- 30 juillet 1974 : fusion des banques congolaises
C’est au ministère des Affaires étrangères qu’est intervenue la signature du protocole sur la concentration des banques au Congo. Il s’agit de la Bicic et de la Société générale de banque au Congo. 

- 26 août 1974 : visite à Brazzaville du président tanzanien, Julius Nyerere
Le président Julius Nyerere effectue, du 26 au 30 août, une visite officielle en République Populaire du Congo, sur invitation du commandant Marien Ngouabi, président de la République, pour consolider les liens qui existent entre les deux pays. À cet effet, un accord commercial et un accord de coopération culturelle et scientifique sont signés. 

- 16 octobre 1974 : inauguration du super marché Score Situé en plein centre-ville, sur l’avenue Amical Cabral, le super marché Score est inauguré par le ministre du Commerce, Boniface Matingou. 

- 24 novembre 1974 : tornade meurtrière à Brazzaville
Une tornade d’une intensité exceptionnelle s’est abattue sur la capitale congolaise. L’abondance de la pluie et la violence du vent provoquent des dégâts très importants dans certains quartiers et causent la mort de sept personnes.
 

- 30 novembre 1974 : pose de la première pierre de la ferme ovine d’Odziba par le commandant Marien Ngouabi. 

- 13 décembre 1974 : Cara champion d’Afrique des clubs
Le Cara (Club athlétique renaissance aiglon) remporte la Coupe d’Afrique des clubs champions, face à Méhalla d’Égypte. Vainqueur à Brazzaville (4-2) et à Méhalla (2-1), l’équipe congolaise est accueillie triomphalement, par le public, à l’aéroport international de Maya-Maya. 

Année 1975 

- 9 janvier 1975 : investiture du président Marien Ngouabi
Devant le plenum du Comité central du PCT et de l’Assemblée nationale populaire, conformément à la Constitution, le commandant Marien Ngouabi, président du comité central du PCT, président de la République, chef de l’État, président du conseil d’État, prête le serment constitutionnel 
 

- 2 février 1975 : le budget de l’État, exercice 1975, est fixé à 70.045.421.000 francs Cfa. La tranche allouée à l’investissement est de 275.170.000 francs Cfa.

- 15 février 1975 : inauguration de l’usine Impreco
L’usine congolaise d’impression des tissus (Impreco), implantée à Mansimou (banlieue sud de Brazzaville), est inaugurée par le président Marien Ngouabi. Depuis décembre 1974, Impreco a vendu cent dix mille mètres de tissus. Son capital est de deux cent soixante-dix millions de francs Cfa, détenu à majorité par l’État et par SCKN, Cfao, Schueffer et Rigel Textile corporation. L’usine emploie cent vingt-cinq Congolais et onze expatriés. Impreco ne fabrique pas mais colore ou imprime les tissus qu’elle reçoit de la Sotexco et importe les matières premières colorantes. 

- 28 février 1975 : dénonciation de l’accord sucrier interafricain
Le conseil d’État, réuni le 28 février 1975, dénonce l’accord sucrier interfaricain. Il y a quelques années, les pays membres de l’Ocam (Organisation commune africaine et malgache) ont mis en place l’accord sucrier interafricain, pour «permettre aux pays consommateurs de disposer d’une fourniture garantie, au moyen des quotas, d’une part, et de permettre aux producteurs de disposer d’un marché et des prix garantis, d’autre part». 

- 12 avril 1975 : inauguration du complexe annexe de Sotexco
Le commandant Marien Ngouabi a procédé à l’inauguration du complexe annexe de la Sotexco (Société congolaise de textiles), fruit de la coopération sinocongolaise. Ledit complexe produirait deux cent cinquante mille serviettes de toilettes par an. 

- 24 juin 1975 : pose de la première pierre de l’usine hydro-électrique de Moukoukoulou
La première pierre du barrage hydro-électrique de Moukoukoulou, fruit de la coopération sino-congolaise, est posée par le président Marien Ngouabi. Le barrage sur
la rivière Bouenza, aux chutes de Moukoukoulou, à 25 km de Mouyondzi, aura une puissance annuelle de 470 millions de Kw/h. 

- 30 juin 1975 : colloque sur le code de la famille
Du
30 juin au 4 juillet 1975, se tient à Brazzaville, le colloque sur le code de
la famille. Il regroupe cinq cents participants représentant le PCT et ses organisations de masses, les municipalités, les communautés religieuses, sociologues et autres personnalités compétentes.
 

- 12 juillet 1975 : remise à l’État de l’école polytechnique
Construite par la Corée du Nord, l’école polytechnique qui comprend trois grands bâtiments qui couvrent une superficie de 4049 m² est remise à l’État congolais. 

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