24H dans le monde

 04/01/2011

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Côte d’Ivoire : Interview de Philippe Evanno professeur à la Sorbonne 


Baltec 

19 décembre 2010 

Interview de Philippe Evanno, docteur en histoire, spécialiste des questions africaine sur la radio bretonne Kernews FM. 

En creusant un peu plus le dossier Ivorien, il apparait que tout n’est pas si clair que la presse traditionnelle veut bien l’entendre, par exemple, les relations entre le FMI et Laurent Gbagbo sont au plus bas depuis l’organisme de Strauss Kahn n’arrive plus à refiler ses crédits exhorbitants à la Côte d’ivoire, et tout le monde le sait, le FMI est une machine à octroyer des prêts à fort taux …
Qui est Alassane ouattara et pourquoi est-il soutenu par les USA, l’Angleterre, l’Europe et même l’ONU ?
Je cite Wikipédia qui donne le meilleur résumé : Après un doctorat en économie aux États-Unis, au Drexel Institute of Technology et à l’université de Pennsylvanie, il devient économiste au FMI puis occupe différents postes à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dont celui de gouverneur. 

Bien sûr Laurent Gbagbo n’est pas un sain mais on comprends mieux pourquoi Alassane ouattara est si vaillamment soutenu et on ne doute pas un seul instant qu’il améliorera les relations avec le FMI … 

 

Les intérêts économiques français menacés en Côte d’Ivoire : les explications de Philippe Evanno. 


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Les médias français ne disent pas toute la vérité sur la situation en Côte d’Ivoire. 

Plusieurs pays, comme la Russie, le Brésil, la Chine ou le Mexique soutiennent Laurent Gbagbo, alors que les Etats-Unis ou la France demandent son départ. A Abidjan, le président sortant n’a pas l’intention de céder sa place. Or, ce sont les intérêts économiques français, dont ceux du groupe Bolloré en première ligne, qui sont menacés. Philippe Evanno est chercheur à la Sorbonne, directeur de l’Institut de Prospective Africaine et il connait parfaitement l’Afrique. Il a notamment été formé par Jacques Foccart et a collaboré avec lui jusqu’au décès de ce dernier. Il était l’invité de Yannick Urrien mercredi 8 décembre dans le magazine de 8h10. 

D’abord, Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l’ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d’assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain. Aujourd’hui, c’est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. La divulgation des notes diplomatiques américaines par Wikileaks et leur analyse permettent de démontrer que les Américains étaient très heureux de l’effacement français, puisque cela leur laisse le champ libre sur la totalité du continent». Selon Philippe Evanno, «le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c’est sur cette présidentielle que l’on joue l’annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Alors, pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il adopté la position américaine ? Réponse de l’expert : «Je crois que c’est tout simplement la sienne. Nous avons, pour la première fois sous la Vème République, un président de la République qui est totalement acquis aux objectifs américains et cela revient à faire de la France un pays supplétif des États-Unis, notamment en Afrique. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas avoir des accords avec les Américains : c’était le cas à l’époque du général De Gaulle lorsqu’il y a eu un accord de partage de responsabilités, la France étant chargée de la lutte contre le bloc soviétique dans ses anciennes colonies. Cela a très bien fonctionné pendant plusieurs dizaines d’années, jusqu’à la chute du mur de Berlin. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation totalement différente. Nous sommes dans la situation où, après la chute du mur de Berlin, on a cru qu’il n’y avait qu’une seule grande puissance. Or, depuis la dernière réunion du G20 en Corée du Sud, on se rend compte que l’on assiste à l’émergence d’une deuxième superpuissance et à une nouvelle forme de confrontation où la Chine et ses alliés, notamment la Russie, ce qui est aussi une nouveauté, cherchent à prendre pied sur le continent africain». 

La responsabilité de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin. 

Pour Philippe Evanno, «cette crise ivoirienne est directement liée à l’incapacité de Jacques Chirac à comprendre l’Afrique et à réagir correctement sur les dossiers africains. N’oublions pas que le coup d’Etat de décembre 1999 pouvait être enrayé en appliquant simplement les accords de défense avec la Côte d’Ivoire. Il suffisait de faire sortir une patrouille du 43e BIMA, basé à Port-Bouët. Les mutins, qui étaient des braves garçons dont les soldes n’avaient pas été payées et qui étaient manipulés pour faire tomber Bédié, seraient tout simplement rentrés dans leur caserne». Or, explique Philippe Evanno, «Jacques Chirac n’a pas eu le courage d’appliquer les accords de défense et cette seule absence de décision a détruit la totalité de la présence française en Afrique. À partir de cet instant, tous les chefs d’état africains disposant d’accords de défense avec la France ont su que la parole de la France ne valait plus rien». Après le coup d’état de 1999, les autorités françaises, avec Alassane Ouattara, ont organisé le partage du pays en deux : «C’est Dominique de Villepin qui est à l’origine de cette partition. En pleine paix, on a coupé un pays en deux pour des intérêts assez difficiles à expliquer. On a imposé à la Côte d’Ivoire une succession d’accords internationaux qui ont cherché à limiter sa souveraineté, notamment une commission électorale dite indépendante, qui est constituée quasi exclusivement d’opposants au pouvoir en place». Alors, Laurent Gbagbo est-il fondé à contester le résultat de cette élection présidentielle ? Philippe Evanno rappelle qu’au second tour, «Laurent Gbagbo n’avait que deux représentants sur une douzaine de commissaires centraux ! Cette commission avait trois jours pour rendre sa décision. La commission électorale s’est retrouvée dans l’incapacité de proclamer les résultats et la Constitution ivoirienne prévoyait qu’à ce moment-là, le rôle de proclamer les résultats revenait au Conseil constitutionnel. Il y a donc eu l’organisation d’une conférence de presse à l’Hôtel du Golf, le siège de campagne d’Alassane Ouattara, avec l’ex-président de la commission électorale, pour annoncer des résultats non certifiés et qui ont été évidemment inversés par le Conseil constitutionnel». Ainsi, «cette commission indépendante ne l’était pas réellement, puisque composée essentiellement d’adversaires à Laurent Gbagbo. Mais cela ne veut pas dire que cette commission n’ait pas fait un très gros travail. L’ONU a été incapable de respecter ses engagements et d’assurer le désarmement des forces de la rébellion au nord. L’élection a eu lieu sous le contrôle des forces armées de la rébellion. Ce sont des seigneurs de la guerre, qui détournent les taxes et les impôts à leur profit, qui ont pris le contrôle du diamant et de différents minerais et contrôlent une partie du commerce du cacao. Cette rébellion au nord est une organisation politique, économique et militaire et elle est restée en place alors que différentes résolutions de l’ONU et différents accords internationaux prévoyaient que l’élection ne pourrait pas avoir lieu tant que le désarmement ne serait pas effectif». Dans ce contexte, il faut bien comprendre, souligne Philippe Evanno, que l’on a organisé des élections «dans un pays dont une partie du territoire était aux mains de milices armées». 

19/08/2010

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Alain Joyandet:  « On jugera la France en Afrique en termes de présence économique »

Intérêts économiques, réseaux, droits de l’Homme… le secrétaire d’Etat à
la Coopération Alain Joyandet défend une politique africaine de
la France décomplexée.

Lors de la campagne à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis de mener une politique africaine en rupture avec les politiques passées. En quoi a-t-il tenu son engagement ?  - La promesse a été tenue puisque la nouvelle relation que le président de
la République s’était engagé à construire avec l’Afrique est en train de se mettre en place, sur la base des orientations du  discours du Cap de 2008
. Cette nouvelle relation qui guide notre diplomatie africaine repose sur trois piliers.
Premièrement, notre politique de coopération a été réorientée pour mettre désormais l’accent sur le soutien au développement et à la croissance du secteur privé, ce qui est une manière différente de lutter contre la pauvreté. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons convié, pour la première fois, au sommet France-Afrique de Nice, des entreprises privées.
Deuxièmement, les nouveaux accords de défense sont désormais publics et sans intervention automatique. Ce qui est novateur. Sur les huit accords à renégocier, quatre ont déjà été signés.
Enfin, nous sommes dans un partenariat plus étroit avec l’Union africaine, qui a pour but d’aider l’Afrique à s’approprier la résolution de ses conflits. 
Pour autant,
la France continue de traiter avec des régimes autoritaires, de leur apporter une aide, et n’en a pas fini avec les émissaires officieux comme le montre la présence de Robert Bourgi. On n’est pas là dans la rupture…
 
- Nous assumons le fait de parler à des régimes qui ne sont pas des démocraties parfaites, car notre diplomatie a vocation à être universelle. C’est une diplomatie d’influence positive : nous voulons parler avec tout le monde pour les faire venir vers nos valeurs. Plus on parle avec ces pays, plus on a de possibilités d’y faire progresser ces valeurs. D’où ma présence en Libye pour le 40e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi. Car nous avons constaté que, depuis 2003,
la Libye avançait dans la bonne direction : elle a renoncé au terrorisme et est devenue un acteur important dans la région.
Pour ce qui est des émissaires, moi aussi j’ai des contacts avec eux, car ils nous sont utiles. Je ne m’en suis jamais caché : je parle avec Robert Bourgi. La diplomatie, c’est compliqué. On a parfois besoin d’avoir des personnalités qui enrichissent notre vision des choses par leur expérience. Ce n’est pas vrai qu’en Afrique, et je préfère que cela se passe dans la transparence. 

Mais c’est en totale contradiction avec la promesse de Nicolas Sarkozy, qui s’était engagé, dans son discours à Cotonou en 2006, à mettre fin aux émissaires officieux…  - Pour moi, le discours de référence est celui du Cap. Les discours de campagne électorale ne comptent donc pas ?  - Il y a un moment où il faut caler une stratégie, définir une politique. C’est ce qui a été fait au Cap. Ce qui compte, ce sont les résultats. Or, les résultats sont là :
la France n’est aujourd’hui brouillée avec aucun pays africain. C’est comme cela que l’on fait avancer les choses. Et puis, quand on en fait trop, on nous accuse d’agir comme une puissance coloniale, et quand on n’en fait pas assez, on nous accuse de ne pas nous intéresser à l’Afrique, de la laisser tomber. 

Quels sont, au fond, les objectifs de la politique africaine de
la France ? Est-ce d’abord de renforcer son influence économique ?
 
- Nous avons deux objectifs majeurs. L’un est de participer aux objectifs du Millénaire pour le développement. Je rappelle que la contribution de
la France à l’aide publique au développement (APD) est passée à plus de 8 milliards d’euros.
La France est ainsi redevenue la deuxième puissance au monde, après les Etats-Unis, à lutter contre la pauvreté via l’APD.
L’autre objectif est le développement économique. Nous comptons contribuer au développement de l’Afrique, notamment en soutenant la croissance du secteur privé, comme je vous l’ai expliqué. Je revendique d’ailleurs être à l’origine de cette nouvelle politique de l’Agence française de développement. L’objectif, c’est d’être un partenaire des Etats africains. Il est donc normal que
la France revendique sa place de puissance économique, en termes de présence des entreprises françaises sur le continent, en termes de parts de marché. 
Justement, la présence économique française est confrontée à une rude concurrence dans ses ex-colonies (Chine, pays du Golfe, d’Amérique latine…) Craignez-vous qu’elle se laisse doubler ?  - On ne peut pas comparer
la Chine et
la France. Mais il est certain que, dans 20 ans, on jugera
la France en Afrique en termes de présence économique.
 Sarah Halifa-Legrand. 

 

21/05/2010

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Michel Rocard : « Nous avons lié l’aide à la tenue d’élections libres, sans comprendre l’Afrique »

L’ancien Premier ministre français Michel Rocard. © Vincent Fournier pour J.A. À l’occasion du 50e anniversaire des indépendances, le Cameroun organise, du 17 au 19 mai, une conférence internationale sur « les nouveaux défis de l’Afrique ». Parmi les participants, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand. Jeune Afrique: L’aide publique au développement (APD) en Afrique s’est élevée à 27 milliards de dollars en 2009. Ne sommes-nous pas très loin des engagements du sommet de Gleneagles, en 2005, qui prévoyait 25 milliards supplémentaires avant 2010? Michel Rocard: C’est vrai, mais nous traversons une crise économique, et l’essentiel n’est pas là. On est en train de prendre conscience que l’aide ne transmet pas les secrets de la croissance. L’Afrique commence à comprendre que ces « secrets » sont locaux, et que la croissance est le fruit de la qualification des personnes. Ce processus endogène suppose une harmonie entre la puissance publique et le secteur privé. Les pays d’Afrique devraient aussi se souvenir que l’Occident a mis trois siècles et demi pour se développer. On a longtemps cru que l’aide pouvait être un substitut aux conditions démocratiques et culturelles, aux comportements collectifs, à la recherche et à l’inventivité. La preuve est faite que ce n’est pas le cas  Après les espoirs de démocratisation, dans les années 1990, on assiste à un recul: les alternances se font rares, les putschs se multiplient et les Constitutions sont modifiées pour permettre aux chefs d’État de se maintenir au pouvoir… On pourrait bien avoir commis quelques erreurs, car la démocratie ne se parachute pas. Après le discours de
La Baule, trois chefs d’État, au Bénin, à Madagascar et au Congo-Brazzaville, dont le pouvoir était peu contesté, ont été conduits à accepter le principe d’élections régulières – du fait de la fragilité de leur balance des paiements et parce qu’ils avaient besoin de l’aide. Des intellectuels leur ont succédé: Nicéphore Soglo, Albert Zafy et Pascal Lissouba, qui avaient pour caractéristique de ne rien connaître à la politique – cela peut s’apprendre –, et, plus grave, de ne pas maîtriser les relations avec les forces de sécurité. Résultat: dans les deux premiers pays, les anciens chefs de l’État, Mathieu Kérékouet Didier Ratsiraka, sont revenus. Et au Congo, cela s’est terminé par une guerre. 
Au cours de l’Histoire, de vastes zones du continent sont restées stables parce qu’elles avaient confié le pouvoir à un homme rassurant, qui organisait la paix civile et la maintenait par la palabre. Il est assez scandaleux de disqualifier ces structures pour un modèle que nous avons exporté. Nous nous sommes trompés dans les « conditionnalités » de l’aide. Nous l’avons liée à la tenue d’élections libres sans comprendre l’Afrique. Il aurait fallu la lier à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice et au contrôle de la police.  Le Cameroun est-il le mieux placé pour organiser cette conférence sur les défis de l’Afrique, durant laquelle tous ces sujets seront abordés?  Quand les journalistes cesseront-ils de toujours vouloir donner les bons et les mauvais points? Le Cameroun vit en paix depuis longtemps. C’est un pays bilingue, avec une histoire difficile, ce n’était pas évident. Il a plutôt respecté ses élites et n’a pas commis les bévues liées aux excès naïfs d’un démocratisme sans terreau favorable. Le pays le mieux placé pour aborder ces sujets est évidemment celui dont le chef pense en ces termes, avec le courage d’ouvrir le débat. Mon pronostic est qu’il se dira beaucoup de choses durant cette conférence, y compris des sottises, mais aussi des choses vraies et courageuses. Il est important et urgent que le continent affiche une capacité collective à agir et que ses élites puissent se réunir pour inventer un discours proprement africain.Propos recueillis par Philippe Perdrix

28/04/2010

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« ON NE FINANCE PAS SUFFISAMMENT L’AFRIQUE » 

Jean-Michel Severino, directeur de l’Agence française de développement (AFD) depuis neuf ans, a quitté ses fonctions sans que son successeur ait encore été nommé. Il vient de publier, avec Olivier Ray, Le Temps de l’Afrique (Ed. Odile Jacob). 

Partez-vous avec des regrets ? 

Oui. Je n’ai pas réussi à convaincre le gouvernement français de consacrer plus de moyens au bénéfice des pays les plus pauvres de l’Afrique sub-saharienne – dont 14 pays francophones – et des zones de conflit. Nous faisons une faute éthique et une erreur politique à ne pas les financer suffisamment.

L’aide française a-t-elle parfois été instrumentalisée ? 

Pendant mes neuf années à l’AFD, je dirais que non. Mais nous avons vécu des épisodes difficiles à qualifier. Par exemple, quand Omar Bongo (ex-président du Gabon) a appris que la France avait consenti des avantages très importants au Nigeria dans le cadre de la restructuration de sa dette, il a eu une éruption de rage sur le thème : « On consent des choses au Nigeria qu’on ne me consent pas. » La France a donc fini par consentir aux mêmes avantages. Cela s’est traduit par des opérations que l’AFD a mises en place, ce que nous n’aurions pas fait si Bongo n’avait pas eu l’audience qu’il a auprès du gouvernement.

Avez-vous eu des pressions du gouvernement ?   La seule intervention gouvernementale que j’ai eue c’est quand l’Etat nous a demandé d’être conciliant avec un projet en Guinée, qui venait de prendre la présidence du Conseil de sécurité des Nations-Unies en plein conflit américano- français sur l’Irak. La France souhaitait que la Guinée lui soit favorable. Nous avons donc fait ce projet (une voie rapide), alors qu’il ne nous semblait pas prioritaire. Cela ne m’a pas posé d’état d’âme, car l’intérêt supérieur de la France était en jeu. Mais personne ne m’a demandé de verser de pot-de-vin.Dix-sept Etats africains fêtent les cinquante ans de leur indépendance cette année. Quel impact l’aide française a-t-elle eu sur les relations entre la France et l’Afrique ?La période de la fin de la colonisation jusqu’à la chute du Mur a été marquée par le souci des ex-puissances coloniales de stabilité politique et la volonté de créer un espace de «containment» (endiguement) antisoviétique. On ne peut pas expliquer la relation de la France à l’Afrique sub-saharienne à cette époque sans prendre en compte le fait que nous étions en guerre froide. Avec la chute du Mur, on est entré dans un autre monde. La libéralisation politique est intervenue sur le continent africain. Donc l’aide publique au développement française et  mondiale a changé. Elle n’est plus obnubilée par le soutien des régimes, mais centrée sur des sujets structurels. Que reste-t-il de la Françafrique ?  Très peu de choses. La plupart de ses acteurs ont disparu. Concernant l’aide française, l’AFD a multiplié par quatre son aide à l’Afrique sub saharienne depuis 2001 pour atteindre 2 milliards d’euros en 2009. Les deux tiers sont allés à des pays anglophones. C’est un signe de la considérable transformation de la relation de la France à l’Afrique. Nous avons aujourd’hui une politique continentale. La Françafrique est un peu fantasmatique.  Pourtant, quand Alain Joyandet a remplacé Jean-Marie Bockel au secrétariat d’Etat à la Coopération, il est d’abord allé voir Omar Bongo…  Mais qu’est-ce que ça change au monde réel ? Mon sentiment personnel, c’est que la France, comme tous les pays du monde, conservera des relations particulières avec ses pays fournisseurs de matières premières. Il faut mettre les pieds dans le plat. Tant qu’elle ira chercher son uranium au Niger ou du pétrole dans d’autres pays africains, ces relations spéciales perdureront. Mais ce n’est pas un sujet africain en soi.FAUSTINE VINCENT 

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